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  • : 24/03/2007

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Ne pas trop les nourrir S.V.P.

P'tit loup...7 ans !

Nichevo

9 personnes sur ce site, selon la police.

La locataire du deuxième gauche surnommée "Mamie"  allait fermer la fenêtre de sa cuisine   lorsque la déflagration lui fit lâcher la poignée ; les verres tintèrent dans les placards pendant deux longues secondes.

Tout le monde mit le nez dehors pour voir  trois garnements s’enfuir. De la fumée provenait du dessous d'une voiture en stationnement sur le parking.


Les chiens d'appartement commencèrent à japper et à hurler, dans une ambiance de fin du monde.
  
"Seigneur Dieu Marie Joseph ! ".
C'était une expression qu'elle utilisait peu... sauf en cas de trouille extrème. "Mamie" fit immédiatement appel aux pompiers… et à la police.

 

Un équipage de la Bac passait à proximité ;  le bruit de l’explosion leur avait fait  accélérer l’allure.

Ils virent  trois adolescents arriver dans leur direction à l’angle du supermarché ; deux d’entre eux  portaient des barres en aluminium qui brillaient au soleil; ils ne prirent pas attention au véhicule banalisé et se firent cueillir comme une fleur.  

-         POLICE !   Eh !  Venez donc voir un peu par là !

-   Nous ? 



Interpellation : 15h30

Appel OPJ :     15h35

 

15h40 :

Les trois ados sont  assis sagement sur le banc de vérification ; rien à voir avec des habitués qui vocifèrent et se donnent en spectacle , pour peu que les potes  soient rassemblés  à l’entrée.

Les barres d’aluminium attendent  derrière le bas flanc, sous l’œil sévère du chef de poste .

-         Vous n’avez rien d’autre à faire un dimanche ?

-         On a rien fait … !

-         Et la voiture ? C'est de "l’auto allumage" peut être ? Ah ! Voila Monsieur L’OPJ ; vous allez lui raconter votre histoire d’apprentis terroristes..

 

L’histoire était hallucinante et  allait occuper une bonne partie de ma permanence.    

 

Nos trois garnements adoraient les films d'action où le héros fonce , tel un sourd,  au milieu des boules de feu et autres explosions, pour sauver le monde, une belle blonde , ou son taxi customisé ;
L'éxpérience du jour consistait à remplir  des  barres d’aluminium  d’un mélange de différentes poudres, d'en placer une  sous une voiture, et d'allumer le tout avec une longue   mèche de tissu imbibée  d’acétone .

Ils avaient gagné à coup sur la palme de l'inconscience juvénile.

La voiture avait sauté comme un cabri ;  l’essieu  était tordu et le reservoir s'était compressé sous l’effet de l’explosion qui  avait  été entendue à deux kilomètres à la ronde.

La poudre était un mélange jaunâtre. ; On aurait dit du désherbant ; l’odeur était acre ; il ne fallait pas approcher son nez trop près.  

Les artificiers furent avisés de même que les parents des trois mineurs.

Personne  ne se trouvait à la maison.

-         Ou sont ils ?

-         Ils sont partis chez des amis ; oh ! Monsieur!  vous n’allez pas les prévenir ? C’est abuser !

-         Ah mais si on va les prévenir ! Et le propriétaire de la voiture ? On lui demande de faire un constat ?

-         On ne le connaît pas m’sieur …On a choisi au hasard., pour voir voir ce que ça allait faire.

 

-    Ce que ça "allait faire" … ?  Allez ! on monte .  


Audition du premier pour apprendre que le trio avait en fait utilisé une recette diffusée sur internet par l’intermédiaire d’un site d'ados attardés,  fans d’effets spéciaux.

Il nous racontait alors que le « groupe » se composait  d’un chimiste, passionné par les mélanges détonants, le deuxième était un téméraire, capable de se salir les main pour  fabriquer les machines infernales.
En tant que troisième, il décidait des opérations à mener et n’hésitait pas à relancer le chimiste pour trouver le "meilleur"  mélange qui soit.


L’audition du deuxième nous révéla qu’un pot de peinture rempli de cinq kilos de produit explosif se trouvait sur la table de son salon ce qui fit immédiatement  bondir mon collègue sur son siège.
Il déboula dans mon bureau avec sa veste et les clés de notre véhicule 

Perquisition immédiate, avec deux témoins ,  et  découverte des cinq kilos, exactement à la place indiquée. 

Nous prîmes délicatement le pot de peinture et nous quittâmes le pavillon pour rentrer à faible allure ;  nous avions également pris quelques échantillons de produits pour montrer aux artificiers.

Le "matos" fut placé sur un terrain dégagé, à l'abri du soleil.  
Les démineurs,   arrivés au poste  n’en crurent pas leurs yeux .

Il y avait de quoi souffler le pavillon et ses occupants avec les cinq kilos de ce mélange très instable , qui pouvait exploser  au moindre choc ou écart de température .  

Les tubes d’aluminium étaient tout aussi dangereux.
Il s'agissait de véritables mines anti personnelles qui pouvaient se déclencher  sans prévenir,   et  disperser des bouts de métal sur cinquante mètres.

Une fois remis de nos émotions, le " chimiste passa à table".
Perquisition dans la foulée,  avec nos amis artificiers .
Nouvelles sueurs froides en découvrant de la glycérine, de nombreuses bouteilles d’acétone et de nombreux  acides.
 

Diverses fioles en verre contenaient d’autres mélanges ; le chimiste était plus prudent, il  manipulait ses produits dans sa chambre en limitant les quantités. 

N’avait il pas fait exploser un engin de la sorte sur son balcon quelques temps auparavant ?

Les voisins avaient ralé  et les parents avaient négocié leur silence en dédommageant pour les dégats et en promettant que leur petit génie n'allait pas recommencer; Il ne fallait pas donc lui en vouloir...
Tout était réparé. 
L'enquête de voisinage fut des plus instructives.

Ce jeune garçon voulait imiter Nobel. Il avait pour projet la fabrication de nytroglycérine. De nombreux pains de savon de Marseille étaient entreposés dans ses placards.  

Des cahiers, sagement rangés,  comportaient des formules chimiques dont certaines avaient été trouvées sur internet; les références des sites étaient mentionnées.
Leur dernière trouvaille était la recette du peroxyde d'acétone, hautement instable lui aussi 
.  


Les responsables de ces sites allaient devoir rendre quelques comptes.

 

Les parents arrivèrent  en fin d’après midi et nous dûmes leur expliquer ce qu’était la nitroglycérine et que le mariage  du chlorate de soude et du sucre glace n'était pas destiné à lutter contre les mauvaises herbes.    

Le père du chimiste le prit de haut et me reprocha presque de brider le génie de son fils; tout ça pour ça.  Une garde à vue, avec des artificiers en uniforme et équipements spéciaux !  Vous ne vous rendez pas compte? Il en serait marqué à vie !

La démonstration d’un collègue artificier  lui fit comprendre que la chimie mal maîtrisée  pouvait  justement le marquer à vie et abimer par la même occasion tous ceux qui se trouvaient autour. 

Le Magistrat de permanence prit la chose très au sérieux et les trois mineurs furent déférés.
On ne plaisante pas avec la justice  lorsque l'on met sa vie et celle des autres en danger.

Chose étonnante, le propriétaire du véhicule ne se présenta pas ce qui nous poussa à faire quelques vérifications supplémentaires ; il s’agissait en fait d’une « doublette », un véhicule volé, mais avec le numéro d’un autre, en règle celui là.

Direction la casse.

Les produits furent neutralisés avec de l’eau et emmenés  par les artificiers dans leurs véhicules spéciaux.

 

 

Trois mois plus tard , dans une autre ville, un jeune garçon se blessait gravement  aux deux mains ainsi qu'au visage,  suite à  l’explosion de l’engin qu’il fabriquait  dans son garage.

Je sais que d'autres jeunes apprentis chimistes vont essayer à nouveau. 


Je n'ai qu'une seule chose à  dire : 
Vous n'avez que cinq doigts à chaque main.
Préservez les et évitez qu'ils ne se dispersent à la faveur d'une "expérience" aussi dangereuse qu'inutile. 
Le risque est réel.     

 

 

   

        

 

 

 


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Les drones ont recemment défrayé la chronique, notamment en ce qui concerne la surveillance des phénomènes de violences urbaine et j'ai eu quelques questions sur ce sujet. 
Chacun dispose de son opinion sur leur utilisation. 
Ces appareils peuvent être  très utiles pour prevenir tout acte de malveillance dans les cités, et ailleurs. 
La tranquilité publique est aussi à ce prix.
L'utilisation de cette technologie doit bien entendu être encadrée et rien ne remplacera le policier de terrain.
Il convient juste de préserver ce policier et lui éviter ainsi de tomber dans un traquenard en intervenant, de nuit sur un point sensible,  avec un comité d'accueil à l'affut.
    
La technique des drones est là; il est possible de l'utiliser à bon escient.

Et qu'on arrête avec les O.V.N.I. par pitié !



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« Sans arme , ni haine, ni violence" .


Mais certainement pas sans prétention... 


Je suis allé au ciné  voir le film  de Jean Paul ROUVE.

Albert Spaggiari,  le concepteur officiel  du « casse du siècle », y tient la vedette.

 

J’avais revu, quelques jours auparavant,  « les égouts du paradis » de José Giovanni, adapté justement du livre  de Spaggiari.

 

Les deux films ont été réalisés à deux époques différentes ; c’est amusant de voir le changement de mentalité au travers de la même histoire,  racontée à deux époques différentes, mais,  comme le dit Fox Mulder

«  la vérité est ailleurs ».

Le  film de ROUVE  montre un Spaggiari  crédible.
On peut cependant se poser la question de tous ces "mythes"  transposés sur grand écran.

Qu’on le veuille ou non, les histoires criminelles passionnent et, pour reprendre une chanson des "innocents", on se souviendra d'avantage  de ceux qui commettent un crime  plutôt que des héros du quotidien avec leur vie rangée,  mais  exemplaire .
   

Que ce soit « the kid », « borsalino », « Jessie James », « Deux hommes dans la ville » , « Truands » ou même « le Grand pardon », tout est bon pour s’interesser à celles et ceux  qui ont décidé de franchir la ligne.
Les périodes carcérales sont ici rarement évoquées et c'est bien dommage. 


 
Dans le film de Giovanni,  Albert Spaggiari est décrit  comme un rebelle, un anarchiste  un peu romantique ; ce petit photographe aventureux est ici très mal  joué par Francis Huster.
Le héros   a une  femme dans sa vie, une vieille aventurière polonaise bien plus agée que lui avec laquelle il a , nous dirons , copiné.

Freud n’est pas loin mais cette  vision soixante huitarde ne tient pas la route.

Les dialogues d’Audiard tombent un peu à plat ; il nous fait la leçon en  martelant  que la société est aliénante  et qu’il faut vivre au jour le jour .

Giovanni a fait mieux et l'ensemble est bien fatiguant.

 
Par contre,dans le film de ROUVE, "Spaggia" est  décrit avec beaucoup plus de finesse.

Oublié les yeux bleus de Huster, véritables pièges à poulettes; on revient sur terre avec ce  braqueur qui est ici  beaucoup plus  nature, avec une femme dévouée et protectrice à ses cotés. Héros oui,  mais pas solitaire. 

L’auteur jubile en décrivant cet aventurier, en mal de reconnaissance.  

Le milieu marseillais n’est pas très loin avec  quelques  personnages qui sentent le pastis et parlent « ave l’accent !» .   Patrick ROSSO  fait ici  une prestation  remarquée. 

Les personnages sont attachants et la description des flics est assez bonne. Il manque tout de même un peu de crédibilité à la fin…mais  le film est divertissant .

Spagiarri reste  la vedette et seuls ses proches sauront   si le mythe dépasse la réalité et  si le trait n’est pas trop forcé.

 Qui était  donc  Spaggiari ?

C’était tout simplement un ancien para,  ancien d’Indochine,  et sympathisant de l’OAS.

Il adorait lire et son  égo était aussi largement surdimensionné.

Sa propension a voir les choses en très grand lui aura fait brûler  la chandelle par les deux bouts,  tout comme ses cigares.

Il mourra d’un cancer.

 Cet ancien militaire  a bien sauté de la fenêtre du bureau du juge d’Instruction, lors de son audition,  un jour de mars 77.

Une chute de huit mètres, avant de défoncer le toit d’un véhicule  en stationnement.

Yamakasi avant l'heure, Spaggiari sera récupéré, avec ses lunettes,  par un motard qui remettra "gaz"  sur une kawasaki  H2 , avant de disparaitre dans les rues du vieux Nice.


  
La cavale durera jusqu'en 1989. 


Il arrive que les légendes perturbent  l'histoire.
Un voile pudique sera jeté sur les séjours en prison  de Spaggiari et sur ses amitiés fascistes
.

Voici une petite interview de Jean Paul Rouve, qui a,  je le  pense, réussi son coup... 

 

    

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